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Guy Stéphan : "2000, un final étourdissant"


Comment s’est passée votre intégration pour votre première avec les A ?
Je suis arrivé fin 1999 comme adjoint, aux côtés de René Girard qui l’était déjà dès l’après Coupe du monde 1998. J’ai d’abord observé, regardé comment les joueurs s’entraînaient et fonctionnaient. Il a fallu connaître leurs codes mais cela s’est passé très rapidement, afin d’être prêt pour le mois de préparation d’avant l’Euro, après des qualifications qui avaient été très difficiles et extrêmement serrées. On l’oublie un peu aujourd’hui, mais on avait terminé un point devant l’Ukraine et deux sur la Russie, alors que seul le premier du groupe était qualifié. Il y avait notamment eu une victoire compliquée en Andorre sur un penalty de Franck Lebœuf à cinq minutes de la fin (0-1), rapportant trois points qui se sont avérés essentiels. Ce parcours annonçait peut-être celui de la phase finale, qui nous a vu gagner sur le fil les matches couperets.

Comment prépare-t-on un groupe de champions du monde ?
C’était un groupe très homogène, très complémentaire, qui avait ses codes, avec des joueurs très expérimentés et d’autres plus jeunes, dont beaucoup avaient gagné la Coupe du monde et qui avait déjà un vécu. Il ne fallait donc pas changer toutes les habitudes du jour au lendemain. Roger [Lemerre] avait vécu avec eux comme adjoint d’Aimé Jacquet l’aventure de 1998 et connaissait leur fonctionnement. Il a eu l’intelligence de les accompagner tout en gardant la maîtrise et en prenant des décisions fortes quand elles devaient l’être.


Le groupe de l'Euro 2000, avec Guy Stéphan entraîneur adjoint (à droite au troisième rang) - Photo AFP Patrick Hertzog.

Ce, dès le premier tour, en laissant les "cadres" au repos pour le troisième match ?
Les deux premiers matches, il n’y a pas eu de soucis dans le sens où il y a eu deux victoires suffisantes pour se qualifier. Pour le troisième, Roger a souhaité faire tourner et aligner ceux qui avaient peu jouer jusque-là. C’était un bon match, on est tombé contre une belle équipe des Pays-Bas. On a perdu (2-3) mais cela nous a aussi permis de ne pas changer de camp de base, où l’on était bien. En tout cas, l’équipe était prête pour les matches couperets.

Se présente alors l’Espagne en quart de finale…
Oui, avec ce penalty raté de Raul à la dernière minute. On ne saura jamais ce qu’il se serait passé s’il l’avait réussi. C’était une forte équipe, Mendieta avait égalisé après le but de Zidane et Djorkaeff marqué avant la mi-temps, pour gagner ce match très serré.

Avant le suivant encore plus contre le Portugal…
Celui de ce fameux "but en or" à trois minutes de la fin de la prolongation, marqué sur penalty par Zidane (1-2). Tout le monde se souvient de cette main d’Abel Xavier, réelle et que l’arbitre a eu raison de siffler. On a été mené au score, et c’est un peu ce qui différencie de ce que l’on a vécu en 2018, sans vouloir comparer les deux époques. En 2000, on a été menés plus d’une demi-heure en demi et pas loin de quarante minutes en finale alors qu’en 2018, cela n’a été que neuf minutes sur toute la compétition. Et à l’arrivée, champion d’Europe… Cela prouve bien que ce groupe de 2000 avait une force de caractère énorme.


Zinédine Zidane, Didier Deschamps et Lilian Thuram célèbrent le but en or les envoyant en demi-finale - Photo AFP/Philippe Huguen.

Quelles ont été les interventions du staff à de tels moments-clés ?
Je me souviens surtout qu’avant chaque match, Roger demandait au staff technique de mettre sur le papier la composition d’équipe que l’on jugeait la meilleure. Il ramassait les feuilles comme à l’école et avant de dévoiler la liste aux joueurs, il nous appelait pour nous donner l’équipe qui allait jouer. C’était son mode de fonctionnement, que je n’ai pas revu depuis.

Et vous avez eu de bonnes notes ?
[Rires] Je ne sais pas et j’aimerais d’ailleurs bien récupérer ces feuilles, qu’il a toutes gardées. Sinon, pour la finale, il m’avait demandé d’aller en tribunes pour la première mi-temps, afin d’avoir une vue un peu plus aérienne, et de revenir sur le banc pour la seconde. Cette première période n’avait pas été très bonne contre les Italiens, on a d’ailleurs eu du mal durant tout ce match mais cette finale a été étourdissante, avec un coaching exceptionnel de Roger dont je ne me souviens pas qu’il ait été bien souligné à l’époque. Il est rare de faire entrer trois joueurs qui soient ensuite autant impliqués dans la victoire. Cela arrive que l’un entre, marque et l’on dit "coaching gagnant". Mais là, Sylvain Wiltord, David Trezeguet et Robert Pirès sont tous les trois impliqués directement dans les deux buts de la victoire.

Avec un choix de sortir Lizarazu au bénéfice de Pirès que vous jugez audacieux ?
On en a discuté sur le banc mais c’est lui qui a pris la décision. Son idée était évidemment d’apporter un plus sur le plan offensif, car on était mené au score. Mais il voulait aussi beaucoup plus travailler sur la largeur, étirer leur défense, profiter de la qualité de dribble de Robert et troubler ces Italiens, que l’on voyait déjà bras-dessus, bras-dessous à dix mètres de nous commençant à fêter la victoire. Mais on égalise à la 94e par Wiltord sur une déviation de Trezeguet et là, les Italiens étaient cuits.


L'égalisation de Sylvain Wiltord à la 94e minute en finale contre l'Italie - Photo AFP/Patrick Hertzog.

Vous l’avez immédiatement ressenti ?
Oui. Et pas seulement entamés, mais détruits. Ils avaient la coupe dans la main et d’un seul coup, ils ne l’avaient plus. Ils avaient lâché psychologiquement, ce qui est rare pour les Italiens.

Quels étaient les caractéristiques de ces Bleus ?
C’est une équipe qui défendait bien, avec une quantité de joueurs expérimentés : Barthez, Blanc, Desailly, Thuram, Lizarazu, Djorkaeff, Zidane... et Didier, évidemment, le véritable leader de l’équipe, Zizou étant le leader technique. Ils avaient encore progressé et étaient meilleurs qu’en 1998. Thierry Henry et David Trezeguet avaient deux ans de plus… David n’a pas beaucoup joué pendant cet Euro mais on retiendra pour toujours son but en or, à plus d’un titre. Il a donné la coupe mais il est aussi magnifique par l’action de Pirès, la passe, le déplacement un peu en arrière de David pour la recevoir. Il est ensuite superbement équilibré et il a la souplesse de hanche et la bonne surface de contact pour cadrer pied gauche, alors que souvent ces ballons-là vont en tribunes ou très haut dans le ciel. Et derrière, tout le monde était aux anges !


David Trezeguet vient d'inscrire le but en or, la France est championne d'Europe pour la deuxième fois après 1984 - Photo AFP/Patrick Hertzog.

S’il n’y avait qu’une seule image à retenir de cet Euro ?
L’action et le but de Trezeguet, pour un final étourdissant.

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