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Jonathan BRISON, le footeux qui savait lire...

Le défenseur latéral aujourd’hui à Niort, formé à Nancy et passé par Saint-Etienne ces quatre dernières saisons, aime tellement les livres qu’il envisage d’en faire un de ses axes de reconversion. Pas banal dans un milieu professionnel où la lecture se limite souvent à L’Equipe et à France Football. Un cas Brison ? Oui, non… juste un footballeur équilibré qui fêtera en 2019 ses vingt ans de carrière.  

Jonathan, le football a-t-il toujours été pour vous une évidence ?

J’ai toujours aimé le foot, et rapidement rêvé de devenir professionnel. Avec mon frère, plus jeune et qui a ensuite fait un parcours dans le milieu amateur, nous avions la même passion. Mais ce n’est qu’à mon entrée au centre de formation de Nancy que j’ai vraiment commencé à y croire. Même si je savais que le chemin était encore long car beaucoup ne passent pas le cap.

Vos parents ont-ils adhéré naturellement à votre démarche ?

Je suis parti à 16 ans, j’allais entrer en première S et le centre de formation de Nancy n’avait pas cette filière. J’ai donc été obligé d’entrer en première STT. Ce n’était pas le bac que nous avions choisi et je me rends compte aujourd’hui que la décision n’a pas du être facile à prendre pour mes parents. Heureusement, ça a marché pour moi. 

Vous êtes devenu parent à votre tour, prendriez-vous la même décision ?

J’ai trois filles donc je pense que ça ne se proposera pas à nous (rires) ! Mais aujourd’hui, les centres de formations sont plus structurés et offrent plus de filières. 

« Je n’ai jamais eu un énorme rythme de vie donc, si je voulais, je pourrais envisager de ne pas travailler après avoir raccroché »

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été pro ?

Le métier de prof de gym m’attirait, je n’avais que seize ans et j’étais loin d’être déterminé. Mais j’ai toujours aimé tous les sports, je me fais encore assez chambrer avec ça par mes coéquipiers qui me voient dévorer L’Equipe tous les jours et m’intéresser à tous les sports, le foot étant même la rubrique que je lis le moins (rires) ! 

Vous avez un profil qui n’est pas forcément typique du footeux de « base » dans le sens où vous vous intéressez à beaucoup d’autres domaines que le foot, la littérature surtout, on y reviendra. N’avez-vous jamais regretté de tout sacrifier au ballon rond pendant 20 ans ?

Je suis entré au centre de formation en 1999 et mon contrat avec Niort s’achèvera en 2009… et pendant ce laps de temps, j’ai vécu le truc à fond, sans regret. Même si parfois je regardais avec envie le chemin pris par des potes qui ont eu la possibilité de faire leurs études aux Etats-Unis, de rebondir ensuite en Asie… des choses impossibles pour nous et qui m’auraient beaucoup plu. 

Vous gardez ça pour l’après ?

Après, je vais voyager c’est sûr. Je ne sais pas ce que je ferai, j’y réfléchis et je compte sur les stages organisés par l’UNFP, notre syndicat, pour me former et m’ouvrir de nouvelles perspectives. Une chose est certaine, je n’ai pas envie d’entraîner car j’ai envie de voir grandir mes enfants. 

Avez-vous été pro pendant suffisamment longtemps pour envisager ne pas travailler à l’issue de votre carrière, de ne vivre que de vos rentes ?

Je pourrais l’envisager d’autant plus facilement que je n’ai jamais eu un énorme rythme de vie. J’ai longtemps bien gagné ma vie, je la gagne encore bien même si je joue en Ligue 2, en tout cas par rapport à la moyenne des salaires des Français. Je vais voyager, c’est certain, mais en famille, à cinq, ça coûte quand même cher… même si ça ne nous mettrait pas en danger financièrement. De toute façon, je ne me vois pas rien faire. Au bout d’un moment, il faut un but à atteindre, faire quelque chose de sa vie.

« Ouvrir un bar sur le thème des livres… »

Est-ce que votre reconversion pourrait s’effectuer dans votre autre passion, la littérature ?

Pourquoi pas. Avec un ami proche qui partage mon goût pour les livres, on aimerait ouvrir un bar où il serait possible de parler des livres qu’on a lu, de s’en échanger, d’en découvrir d’autres, de discuter dessus… C’est un projet encore flou.  

L’occasion idéale de ne pas tomber sur d’anciens coéquipiers ?

(rires) Les footeux lisent peu, c’est vrai, mais j’en ai quand même croisé pas mal qui aimaient les livres. A Nancy, Bracigliano et N’Guemo lisaient beaucoup mais pour s’instruire, apprendre des choses concrètes. Je lis pour me distraire, comme je vais au cinéma ou au théâtre. L’approche est différente. A Saint-Etienne, avec Loïc Perrin, nous avions participé à une opération dans les écoles de la ville pour inciter les enfants à lire. On leur proposait cinq livres, qu’on avait lus avant, qui abordaient divers sujets de société, et on en parlait ensuite. C’était sympa. 

D’où vous vient ce goût de la lecture si peu répandu dans le milieu du foot ?

Ma mère (qui était institutrice) et mon père étaient deux grands lecteurs. Enfants, nous n’avions pas le droit de regarder la télé tout le temps, il y avait des horaires. Il fallait bien s’occuper. J’ai rapidement été sensibilisé à ça et j’ai accroché.

« A Tinqueux, mes meilleurs souvenirs de footeux »

Qu’est-ce que vous lisez en ce moment ?

Une trilogie de Pierre Bordage, « Les guerriers du silence », de la science fiction… un thème que j’aime bien.

Et vous voir un jour revenir dans le foot amateur, est-ce de la science fiction ou une possibilité ?

Coach, je ne pense pas car même si vous restez en DH, avec des joueurs pas toujours faciles à gérer, qui doivent aussi composer avec leur job, l’organisation ne doit pas être simple. En plus, je crois savoir que c’est un niveau où il commence à y avoir un peu d‘argent donc vous avez quand même un peu de pression. Sans parler de la difficulté de concilier tout ça avec la vie professionnelle, et la famille. Je me verrai davantage comme éducateur avec les plus jeunes, un investissement qui pourrait se faire plus facilement et donc je me sens plus proche.

Avez-vous gardé contact avec vos anciens clubs amateurs ?

Je n’ai connu qu’un seul club amateur, de 7 à 16 ans, à Tinqueux, en banlieue de Reims. Depuis, parce que mon frère a continué à jouer dans la région en amateur, je sais que les gens ont beaucoup bougé, mes éducateurs n’y sont plus. J’en ai revu un dernièrement qui est venu me voir à l’hôtel quand nous avons joué à Reims… ça fait plaisir quand les gens passent. Cela permet de se remémorer des instants de magie, presque mes meilleurs souvenirs de footeux. Quand on partait en tournois avec les copains, sans autre but que de se faire plaisir, même si on aimait gagner. Rien ne remplacera jamais ce sentiment là. Je souhaite ça à tous les gamins qui débutent le football. Inoubliable. 

(crédit photo : sport24.lefigaro.fr)

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