Mon corner
Like, Partage, Retweet :  +5 points

JULIEN CAZARRE : « UNE EQUIPE DE FOOT, C’EST UN CONCOURS DE BI… PERMANENT »

Il a indéniablement déridé un milieu où les acteurs principaux, les joueurs, avaient tant de mal à prendre du recul, avaient souvent tendance à (trop) se prendre au sérieux. Mais ça, c’était avant. Avant Julien Cazarre qui est aujourd’hui au football français ce que Philippe Guillard fut au rugby il y a une dizaine d’années, un OVNI salutaire qui parvient petit à petit à remettre les footeux pros à leur place. L’humour et l’insolence en bandoulière. 

Julien, si on vous dit que vous marchez sur les traces de Philippe Guillard, l’ancien rugbyman du Racing qui fut le premier à se servir du sport pour faire de l’humour sur Canal Plus également, dans les années 2000 ? 

Oui, c’est un peu ça. Mais contrairement à lui qui venait du rugby, ancien joueur, je n’ai jamais joué, ou presque pas, et mon univers n’a jamais été celui du football. Le rugby était en avance dans sa capacité à avoir du recul, à se moquer de lui-même, à être « chambreur » sur les bords. A ce moment là, on n’imaginait pas pouvoir agir de la sorte dans le foot. Guillard l’a fait dans le rugby et il a ouvert la voie. Il l’a fait avec talent mais il ne m’a pas influencé puisque je ne viens pas du milieu du sport mais de celui du théâtre. 

Quel fut votre parcours de comédien ?

Après avoir joué quelques pièces du théâtre classique ou moderne, des créations aussi, j’ai fait de la télé de divertissement, sur Canal Plus d’abord avec « Action directe », un magazine sociétal qui n’avait rien à avoir avec le sport. C’est à l’occasion d’un reportage effectué dans le milieu du foot que Gilbert Brisbois m’a demandé si je ne pouvais pas intervenir dans l’After sur RMC. Comme je suis un grand fana de foot, j’ai foncé. Mais ça commence à dater déjà – 2009 – et avant je n’avais rien à voir avec ce milieu. D’ailleurs je considère toujours que c’est une parenthèse, pas un métier. 

Une incursion dans un milieu frileux qui ne s’était jamais aventuré dans le domaine humoristique…

Sur Canal, il n’y avait guère que Pierre Menès, à sa façon, qui apportait ce ton un peu décalé, tout en restant journaliste. Dans ce contexte là, mon arrivée semblait assez improbable. 

« POUR MOI, UN FOOTEUX C’ETAIT UN MEC QUI NE PENSAIT QU’A LA TUNE ET AUX PUTES » 

Avez-vous au moins déjà joué un peu au football ?

Oui, sur la région toulousaine, du côté de Carbonne, où j’ai vécu deux années. Puis à Paris, aux Petits Champs (7ème arrondissement) et à l’AC Boulogne Billancourt, sept ou huit saisons. Je n’ai jamais vraiment accroché avec l’état d’esprit des mecs. Je les trouvais « chelou » !

« Chelou », c'est-à-dire ?

Ils avaient tendance à se prendre trop au sérieux, à se la raconter malgré le faible niveau qui était le notre. 

C’est quand même à ça qu’on reconnaît aussi un footeux entre mille, non ? 

Oui, c’est pas faux (rires) ! Même si j’ai été agréablement surpris en pénétrant dans ce microcosme. En même temps, vu l’image que j’avais des footballeurs, je pouvais difficilement être déçu ! Je suis arrivé en pleine Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, avec l’affaire du bus, l’affaire Zahia etc. Pour moi, un footeux c’était un mec qui ne pensait qu’à la tune et aux putes ! Partant de là, je risquais pas grand-chose à essayer de découvrir l’envers du décors (rires)… 

Et alors, le verdict est aussi caricatural ?

Non, bien sûr que non. Certes, les génies ne se bousculent pas, mais il y a quand même beaucoup de bons mecs, d’autre moins, mais comme partout. En fait, je constate qu’ils sont différents lorsqu’ils sortent de leur équipe, du groupe qui les protège et où, il faut bien en convenir, c’est en permanence un concours de bites ! Loin de leurs potes, ils sont différents. Avec, ils ne veulent pas passer pour des « fiottes » ou des blaireaux. Ils préfèrent jouer les méchants. 

Faire rire est une des choses les plus difficiles quand on est comédien, l’est-ce encore davantage quand on a affaire à un tel public ?

Au début, la première année de J+1, ce n’était simplement pas regardable. La chronique durait trois minutes, était bordélique. Elle a trouvé sa place petit à petit car on nous a laissé le temps de nous installer. C’est l’avantage de ne pas être regardé, vous pouvez travailler tranquillement. Si on avait été tout de suite en première ligne, on n’aurait certainement pas duré et J+1 ne marcherait pas aussi bien aujourd’hui. 

« A LA TELE, IL FAUT FAIRE GAFFE, L’HUMILIATION PEUT ARRIVER TRES VITE, PARFOIS OU ON NE L’ATTEND PAS »

Aujourd’hui, il vous suffit d’apparaître pour déclencher les rires !

Maintenant que le concept est là, que le personnage est installé, c’est effectivement plus facile. Mais comme on est plus regardé, repris sur les réseaux sociaux, c’est un gros boulot. En même temps, le regard est tellement positif qu’il est devenu plus facile d’aller chercher les rires. C’est d’ailleurs un risque majeur car même si je suis moins bon, les gars vont se marrer quand même. Il faut rester vigilant et pas s’endormir. 

Cette irrévérence vis-à-vis d’un produit d’appel de la chaîne, le foot, est-ce aussi l’esprit Canal qui se réinvente ?

Pas forcément car ils ont été les derniers à me solliciter, M6 et BeInSport l’avaient fait avant, RMC aussi. C’est Karim Nedjari (qui n’est plus à Canal) qui est venu me chercher, en même temps que Pierre Menès d’ailleurs. C’est lui l’instigateur de tout ça, et Laurent Salvaudon, le rédacteur en chef de J+1, la meilleure recrue de Canal ! Car le foot a toujours été un peu à part sur Canal, il y avait très peu de liens entre les divertissements, où j’étais, et le sport. Il était difficile de se positionner sur un produit acheté très cher. On a longtemps hésité à se moquer d’un match de L1, d’un Guingamp-Ajaccio qu’on faisait payer aux abonnés. Aujourd’hui, avec la multiplication des offres, de la concurrence, on propose autre chose aux abonnés, un ton plus décalé, un débriefing différent.

Et ça marche. Vous fixez-vous néanmoins des limites ?

Je peux aller loin car je suis assez crash mais je m’interdits des choses, évidemment. Je n’ironiserais pas sur un footeux qui vient de vivre un drame personnel par exemple. Je fais aussi attention à ne pas tomber dans l’acharnement, ce qui a pu être le cas pour un Ahamada. Lui, je l’ai pas mal chargé. J’ai arrêté alors qu’on me demandait de continuer parce que ça faisait rire. Quand je me moque d’un Ruffier, c’est moins traumatisant pour lui car j’invente un personnage qu’il n’est pas, je caricature au maximum, comme les Guignols. Pour Ahamada, c’était la réalité. A la télé, il faut se méfier. L’humiliation peut arriver très vite, parfois où on ne l’attend pas. Il faut faire gaffe. Je fais gaffe car les mecs ont beau gagner de l’argent, être célèbre etc… ils ont quand même une vie, une famille. 

Sont-ils nombreux à mal prendre vos blagues ?

Il n’y en a pas tant que ça… Ceux qui le prennent mal dans un premier temps, jouent le jeu ensuite, lorsqu’ils viennent sur le plateau. 

Des tous les footeux que vous avez rencontrés, lequel a le plus gros potentiel comique ?

Sans hésiter, Guillaume Hoarau. C’est un vrai clown. Bauthéac était aussi dans l’esprit, Butelle avait été bien.

Et le moins marrant ?

Grenier avait été coincé, trop stressé. Mais le plus cataclysmique ( !) a été Prince Niangué (joueur du Stade de Reims). Il se marrait tout le temps mais ça voulait pas forcément dire qu’il comprenait l’humour, son second degré ! Il riait pas de ça… il riait de joie. Trop gentil quoi. C'était particulier... 

Qu’aimeriez-vous faire à l’avenir dans ce même registre, ou un autre, mais toujours dans le football ?

Déjà, je ne m’imposerai pas au-delà du raisonnable. Je saurai m’arrêter avant de devenir pathétique. Avant, j’aimerai suivre un joueur pendant 24 heures, me marrer avec lui, faire un portrait décalé. Nous sommes en train d’y réfléchir, on essaie de le produire. Une série sur le foot, dans le foot, pourquoi pas aussi. J’ai pas mal d’envies et comme on me laisse énormément de libertés…

Raconté par :
L'équipe #CôtéFoot
[[item.timestamp*1000 | date:'dd/MM/yyyy - HH:mm:ss' ]]
author_pict
[[ item.author.name ]]
[[item.author.score | grade]]

[[item.author.score]] pts

[[item.body]]

Commentaire modéré

Mon corner
Like, Partage, Retweet :  +5 points

Social
Hub

0
feeds en live

Playzone

Bientôt disponible

Services


CRÉDIT AGRICOLE, PARTENAIRE DE TOUS LES FOOTBALLS

Depuis 2010, nous sommes le partenaire majeur et exclusif dans le domaine banque et assurance de la Fédération Française de Football.

Car nous sommes la banque leader en France, nous accompagnons naturellement le sport préféré des français. Nous croyons en notre engagement aux côtés de tous les footballers… et de ceux qui les encouragent : du football amateur, socle historique de son engagement (1974), jusqu’aux Equipes de France en passant par les Coupes, de France et Gambardella – Crédit Agricole.

Manifeste Découvrez la Compo Bleue
picto cookies

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptées à vos centres d'intérêts, partager les contenus sur les réseaux sociaux et réaliser des statistiques. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies cliquez ici.